« La reconversion ? En première ligne ! » Par Sylvain MARCONNET

A 36 ans l’ex pilier international Sylvain Marconnet, consultant à France Télévision et  Yahoo, a entamé une seconde vie après son parcours exceptionnel de rugbyman (84 sélections en équipe de France). Adepte de la reconversion anticipée il conjugue désormais une responsabilité professionnelle et… achève  de nouvelles études à HEC : l’homme est toujours en première ligne !

SM : « Aujourd’hui je travaille dans le marketing sportif et plus précisément dans la recherche d’idées novatrices via le web notamment pour décrocher des fonds pour le sport. Après une formation classique que  j’ai commencée puis abandonnée, j’ai effectué un demi-tour pour obtenir un bac pro et ensuite un BTS avant de rebondir depuis mon arrêt du haut niveau dans un Master marketing à HEC que j’achève cette année. C’est dire que mon parcours est particulier mais est-ce si étonnant ? Je ne le pense pas car chaque sportif est unique. Ceci étant il ne faut pas s’illusionner pour autant : une bonne partie des SHN ne se soucie pas de leur après sport….. »

Vraiment ?

« Bien sûr. L’erreur serait de croire qu’à partir de tel ou tel exemple l’enjeu de la reconversion est intégré dans toute trajectoire sportive et à tous les niveaux. Et ce quelle que soit la discipline !  Le projet de reconversion comme toute réflexion sur le futur de l’après carrière demeure encore une idée à promouvoir auprès des athlètes pour différentes raisons que je ne peux pas analyser d’où je suis mais pour ma part ce fut une préoccupation précoce ayant été à bonne école avec une éducation familiale m’alertant sur cette exigence »

Peut-on parler d’un déclic chez le sportif ?

« Pour ce qui me concerne, j’ai eu la chance de commencer dans le rugby amateur quand j’étais jeune et de vivre le passage de ce sport au professionnalisme, d’abord lentement en  1995 puis de manière plus nette dans les années 2003-2004. J’ai donc  vu de près la mutation et les opportunités à saisir. La tenue de la Coupe du Monde en 2007 en France a été de plus une belle exposition pour notre sport et un coup de fouet pour sa professionnalisation. Mais je demeure inquiet pour une grande partie de sportifs y compris dans le rugby. Notre discipline doit savoir bien se différencier pour optimiser ses ressources et à la fois soutenir  la reconversion de ses pratiquants de haut niveau. Notre situation n’a rien à voir avec le football pour autant je le précise car c’est une discipline qui a d’autres recettes et d’autres particularités. »

Comment s’est déroulé votre parcours ? 

«  J’ai commencé à jouer au club de Givors (Rhône), puis j’ai accédé au haut niveau en intégrant le FCG avant de rejoindre  le Stade Français pour terminer ma carrière  à Biarritz. J’ai eu le bonheur de jouer dans des clubs ambitieux, ce qui m’a permis d’être 5 fois champion de France avec Paris et Biarritz et de vivre  avec ce dernier un titre européen. Les 3 grands Chelems du Tournoi des six nations avec les Bleus sont venus me combler même si ma carrière internationale a été quelque peu handicapée par des blessures, mais c’est le haut niveau ! »

Quels liens faites-vous entre l’entreprise et le rugby ?

« A mon sens c’est un  des sports le plus proche de l’entreprise. Il existe un contact physique, nous devons avoir l’esprit d’équipe encore plus dans un  sport de combat, avec des valeurs à respecter et à faire vivre pour gagner ou faire front. Rien n’est facile comme dans la compétition économique, et la « star » demeure le collectif. Nous devons travailler la synchronisation et le travail collaboratif notamment. La formation joue aussi un rôle clé dans l’entreprise. De ce point de vue les efforts des clubs pour sensibiliser et promouvoir la formation dans le but de la reconversion  de leurs joueurs demeurent encore insuffisants. Certains l’ont compris comme le Stade Français où nous étions alertés sur la nécessité d’anticiper notre devenir et d’aller vers des formations mais ce n’est pas une généralité. Tout le monde dans le rugby n’a pas envie ou n’a pas les capacités pour devenir coach comme mes coéquipiers du Stade Français, Fabien Galtier (Montpellier) et Fabrice Landreau (FCG) par exemple. J’ai  pu quasiment imposer ma formation au SF avec une prise en compte par le club de certaines contraintes d’emploi du temps »

Un SHN a-t-il des aptitudes appréciées par les entreprises ?

«  Je le pense. Le sportif de haut niveau porte une attention particulière à la gestion du relationnel dans le groupe ce qui est une condition du succès et de la pérennité, dans le sport comme dans l’entreprise. De plus dans le rugby, la notion de fidélité est essentielle comme on le voit avec le développement très professionnalisé de l’hospitalité et de  la gestion de la  relation clientèle par les clubs dans l’avant, le pendant et l’après match. Dans le cadre d’un projet de reconversion, le joueur peut utiliser ce réseau d’affaires qui constitue un atout précieux, générateur de confiance et de business. La mise en place de la formation à distance de l’IS&M de GEM, école que j’ai eu la chance de fréquenter est pour les SHN un outil pour la reconversion anticipée et maîtrisée dont je constate que plusieurs rugbymen (Top 14 et Pro D 2)l’ ont adopté, ce qui est encourageant pour l’avenir des athlètes après leur carrière. »

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