Archives mensuelles : janvier 2013

« L’entrepreneur est-il un champion comme les autres ? » Edgar Grospiron

Edgar GROSPIRON, champion olympique (ski de bosses Albertville 1992) et entrepreneur, membre de la Commission des sites des JO d’hiver Peong Chang 2018. 

Le premier champion olympique de ski de bosses de l’histoire, Edgar Grospiron se révèle aux JO d’hiver d’Albertville. Depuis 1992 ce sport  n’a cessé d’inspirer de nouvelles pratiques de glisse auxquelles le C.I.O est très attentif car elles mettent à jour des styles de vie inédits et prometteurs dans la jeunesse du monde entier. Edgar Grospiron est devenu ainsi un des leaders de cette génération entreprenante qui affronte le futur avec audace et humour tout en traçant une voie à laquelle l’IS&M de Grenoble Ecole de Management marque son attachement pour mieux apprendre à entreprendre.

Comment êtes-vous devenu entrepreneur ?

Je suis devenu entrepreneur parce que le sport m’a montré qu’il ne pouvait y avoir d’exigence sans plaisir ni d’excellence sans audace ; des valeurs clés pour un entrepreneur. Franchement avant d’arrêter ma carrière je ne savais pas ce que j’allais faire cela peut vous paraître incroyable mais c’est pourtant la vérité. Par contre j’étais persuadé que pour garder un équilibre de vie après mon parcours du haut niveau en ski il me fallait inventer mon métier.

Je suis devenu entrepreneur parce que le sport m’a montré qu’il ne pouvait y avoir d’exigence sans plaisir ni d’excellence sans audace

Le sport m’a procuré tellement de plaisir que je n’imaginais pas subir la routine d’un métier dans lequel je n’apportais aucune valeur ajoutée. Après avoir étudié ce que le sport pouvait apporter à l’entreprise, je me suis spécialisé dans le conseil en management des ressources humaines.

Quelles sont les points de rencontres de ces deux profils ?

Le premier point repose sur la capacité de l’un comme de ’autre à ne pas rester figé dans sa zone de confort. L’appétit du futur les fait avancer. Grâce à une vision porteuse de sens, ils mobilisent les équipes sur des projets qui donnent du sens. L’entrepreneur doit savoir mettre de la pression sur le jeu plutôt que sur l’enjeu. Un sportif c’est pareil. Au départ d’une grande compétition, il doit avoir une grande capacité à se défaire de la pression d’enjeu pour donner le meilleur de lui-même. Dans ces deux mondes, il ne suffit pas de monter sur le podium pour réussir. Il faut rester dessus. Ce qui implique une capacité de remise en question permanente afin de trouver les points de progrès permettant de creuser son avance sur ses adversaires, ou de faire la différence face à ses clients. Dans ces deux univers, il faut être inscrit dans une spirale de progrès permanent. 

Nous pouvons conclure ainsi : dans le sport comme dans l’entreprise, l’enjeu est contenu dans l’aventure humaine, sociale et sociétale.

L’innovation est une clé magique dès lors qu’elle reste centrée sur les points forts

de l’entreprise, et ceux de l’individu. Parce que l’individu a besoin d’un cadre pour s’épanouir, l’entreprise est un lieu qui se doit de proposer un cadre de valeur et des règles du jeu claires à respecter. C’est le gage de l’éthique d’un système qui donne à chacun le sentiment d’égalité de traitement. Ce qui a pour effet de renforcer le sentiment d’appartenance à une entreprise.. Pour contrer les dérives (car il y en a…) il s’est doté d’une agence mondiale anti-dopage et un tribunal arbitral capables de détecter et poursuivre les tricheurs et d’établir une équité de traitement.

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« Le sportif et l’entrepreneur » Michel Rouger, président de Présaje

Jusque dans les années 1970 le monde du travail et l’univers du sport avaient noué historiquement des relations étroites favorisant l’émergence et la pérennité des clubs sur les lieux de travail comme dans la vie civile. L’idée même de la compétition restait pourtant quelque peu  antinomique des principes du taylorisme ou de la bureaucratie telle que l’avait conceptualisée Max Weber lors de la naissance des sports modernes. Puis la performance et le culte du progrès  joint à la reconnaissance du professionnalisme sportif (y compris aux JO dans les années 80)  ont combiné  un modèle d’action (entreprendre) et un modèle de justice (égalité par le sport) avec un style d’existence (l’épanouissement personnel ) d’un individu apparemment émancipé des interdits qui l’empêchaient de choisir sa vie auparavant.  En 2012 nous sommes dans  cette ère inédite des relations entre le sport et  l’entreprise mais aussi au cœur d’une crise sans précédent…..

Le Sportif, tel que nous le connaissons aujourd’hui, homme ou femme, est l’héritier d’une lignée.

Elle est née en Grande-Bretagne au milieu du XIXsiècle. Son origine est contemporaine à une autre lignée dont il côtoie encore les descendants, centcinquante ans plus tard. L’Entrepreneur, est né de la révolution industrielle,

datée de cette même époque, au même endroit. Il a construit le développement technologique, grâce au machinisme, en créant le monde des ouvriers salariés auquel s’est ajouté celui des employés des bureaux et des magasins du milieu du 20siècle.

Le sportif et l’entrepreneur  ont, dés le début de leurs aventures parallèles, partagé le goût d’entreprendre et la volonté de réussir. C’est pourquoi une analyse de type sociétal permet, par une comparaison entre les deux personnalités, de mieux mettre en évidence la spécificité du Sportif, dans son rapport avec l’action d’entreprendre et la recherche de sa réussite.

Le sportif et l’entrepreneur ont vécu ensemble le développement de leurs réussites et de leurs échecs.

Auparavant, il faut faire référence au sens des mots Entreprendre et Réussir. Entreprendre, c’est s’engager, commencer, porter un dessein ou un projet, se mettre à faire quelque chose. Réussir c’est obtenir un succès, bon ou mauvais. Ainsi les choses sont claires depuis que LITTRE les a définies, en 1877, dans son dictionnaire de la langue française qui reste la référence. Elles le sont encore plus quand on sait que l’usage des concepts diverge du sens des mots qui les définissent, selon que l’on entreprend dans le jeu et la compétition, ou dans le travail et la concurrence.

Celui ou celle qui s’engage dans le jeu ne peut pas entreprendre comme on le fait dans le business.

Les moyens du succès sont trop divergents. La réflexion proposée sur ces divergences  vise à montrer comment l’organisation des activités sportives et de la vie du sportif, ont été et restent marquées par l’influence des grands mouvements sociétaux nés dans ce creuset britannique du XIXsiècle. Influence responsable des mutations qu’à connues le Sportif, en trois temps, en trois lieux : la nature, le  stade, l’écran.

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« France : de l’élite sportive à l’élite éducative »

 Les sportifs de haut niveau ont un statut paradoxal

En France si l’on reconnaît à un SHN (sportif de haut niveau), une championne ou un champion, l’excellence dans un domaine technique, on  a du mal à accepter qu’elle ou qu’il soit aussi un « athlète dans sa tête »  sauf exception. Sa  valeur individuelle  même accompagnée d’une  forte image médiatique  ne lui confère que très rarement un prestige social et encore moins culturel. Certes cette représentation des sportifs de haut niveau en France renvoie à des causes liées à l’histoire nationale et aux mentalités mais ce phénomène a du mal à être inversé. Ainsi les statistiques de recrutement confirment l’écart existant entre la notoriété sportive et sa reconnaissance par le monde professionnel. Ainsi la commission « Sport, Innovation et Management »  de Sporsora (2) constate en 2012 preuve à l’appui, le  manque de valorisation de la culture sportive lors du recrutement de jeunes diplômés et ce au-delà du seul statut de SHN.

Les sportifs de haut niveau ont un investissement total 

Le sport de haut niveau demande un investissement exigeant de la part des athlètes qui cherchent à transformer leurs trophées en tremplin pour gagner dans d’autres secteurs professionnels après leur carrière  sportive. L’investissement est toujours conséquent et ce d’autant plus que les contraintes de l’entrainement et des compétitions sont élevées. Par comparaison  en Allemagne, l’accès au sport de haut niveau, beaucoup plus sélectif socialement (les ouvriers en sont pratiquement exclus), prend un autre sens. Il est un temps fort de la réalisation de l’individu, qui ne procure de légitimité qu’à la condition que l’athlète sorte du milieu sportif pour réaliser les valeurs sportives dans le cadre d’une Beruf, autrement dit d’une « vocation professionnelle » le plus souvent préparée par une formation universitaire longue.

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